Dimanche 15 juin : De la terre à la Tuile

Parcours organisé par l’association « Du côté de Puy Blanc » autour de la Tuilerie, guidé par d’anciens ouvriers. Présentation de quelques spécimens de tuiles fabriquées au cours du siècle dernier et description des différents postes de fabrication.

Quand tombent les bâtiments, il reste la mémoire…

Après une conférence, la veille sous l’égide du Parc Naturel, l’association « du côté de Puy-blanc » organisait, dimanche matin, un itinéraire autour de l’ancienne tuilerie. Le thème des journées patrimoine de pays concernait en effet cette année les lieux de productions. Cette ancienne tuilerie qui possède 1 ha de bâtiments, pour une bonne partie proche de la ruine, fermait il y a plus de 20 ans après un siècle d’activités. C’est ce riche passé ouvrier que l’association du côté de puy-blanc s’emploie à mettre à jour par la collecte des souvenirs de toutes celles et tous ceux qui de près ou de loin ont été attachés à ce lieu.

On y a décrit aussi les moments de joies partagées quand le patron organisait des fêtes somptueuses relayé plus tard par le comité d’entreprise qui construisait une première salle des fêtes et organisait voyages, concours de pêche et rencontres sportives. Pour quelques minutes, la mémoire faisait revivre la carrefour de Puy-blanc ou le jour de la paie se pressaient les marchands forains pour proposer chaussures, vêtements et autres produits. Les souvenirs d’écoliers ont aussi été égrainés avec la célèbre camionnette bâchée de l’usine qui effectuait quatre fois par jour le transport scolaire. Privés de « camio » les élèves punis devaient effectuer à pieds, les quatre kilomètres qui séparaient l’école de la tuilerie.

Devant la tristesse de ces somptueux bâtiments de la fin du 18ème siècle qui se détériorent de jour en jour, la parole est venue, pour quelques heures, faire revivre un pan entier de la mémoire de ce quartier.

Face à cet impressionnant bâtiment et devant quelques agrandissements de photos anciennes placées à des endroits judicieux du site, les langues se sont peu à peu déliées. Les témoignages d’anciens travailleurs, leurs explications encore fidèles sur la fabrication de la tuile depuis la carrière jusqu’à la livraison, sont venues exhumer cette part enfouie d’un souvenir pourtant pas si lointain. La tuilerie comptait en effet 150 salariés il y a encore une quarantaine d’années et de nombreuses familles du secteur possède une grande tranche de vie liée à cette usine. Ce dimanche matin on a parlé des postes très durs, comme les fours pour les hommes, et les presses, où officiaient les femmes.