La Carrière de Cambes deux enquêtes d’U.P. en 8 ans

 

Le dossier de l’exploitation de la carrière de Cambes est en cours depuis maintenant plus de 8 ans.

Manque d’étude d’impact sérieuse, pas de pris en compte des vestiges archéo en bordure de l’exploitation, demande d’un bail d’exploitation bien trop long, pas d’étude hydrogéologique sur un relief karstique fragile. Autant de points qui montrent que ces deux enquêtes de 2007 et maintenant celle avortée de 2016 manquent pour le moins de sérieux.

Cette dernière enquête publique était brusquement stoppée en mars car l’exploitant a décidé de retirer sa demande. Il semble que le classement en 2012 du dolmen de la pierre levée situé à moins de 500m. de la limite d’extension de la carrière n’ait pas été pris en compte. Nous attendons une nouvelle mouture…. Plusieurs insuffisances (enquête hydrogéologique approfondie,  enquête d’impact plus complète, refus d’un bail de 30 ans, …) demeurent cependant dans l’enquête proposée au point que la commission environnement du PNR s’est récemment prononcé contre ce projet.

HISTORIQUE:

  • Cette carrière qui occupait 5 ha initialement a été acquise par la S.AT. Est fait l’objet depuis 2007 d’une demande d’extension à 15 ha.
  • Notre association, le PNR, avaient émis des réserves sur cet agrandissement, mais, l’arrêté d’autorisation d’exploiter a été pris le 10 juillet 2009.
  • Le GADEL a pris la décision lors de son conseil d’administration du 3 octobre 2009, d’introduire un recours devant le Tribunal Administratif contre cet arrêté aux motifs d’études insuffisantes de l’état initial naturaliste du site et concernant la protection de la ressource en eau, de la situation de la carrière en zone d’interdiction du schéma départemental des carrières du Lot et de différences substantielles entre le projet autorisé par l’arrêté et celui soumis à enquête publique.
  • Nouvelle demande de l’exploitant en 2015. Avec arrêté préfectoral fixant l’enquête d’Utilité Publique du 24 février au 25 mars 2016.
  • ‘enquête d’Utilité publique est interrompue courant mars par un arrêté préfectoral le 12 février2016

Le dossier monté par dcPB est transmis au commissaire enquêteur:

Carrière du causse de Cambes : une extension historique… de 4 à 17 ha ! soit un gisement de 3 millions de tonnes…

Position de l’association DCPB transmise lors de l’enquête publique de novembre et décembre 2007

1. Absence de certaines expertises

Certaines contributions d’experts que nous jugeons importantes pour l’information complète du public sont absentes du document présenté :

2. Une extension en contradiction avec la protection des espaces boisés

Le Ruscou
L’extension de carrière de 4 à 17 ha est en contradiction totale avec le constat mentionné dans le diagnostic du P.L.U. actuellement en révision.

« Protéger les espaces boisés et la trame végétale, en générale et notamment sur le causse » (P.L.U., Les Enjeux, p. 5)

À ce titre un espace tampon entre les surfaces d’exploitation et les limites de la carrière devrait être prévu.

Un chemin pédestre longe en effet le projet sur 1 km environ (photo ci-dessus). Le front d’exploitation devrait se situer en retrait de 50 m. minimum de cet axe.

3. Le cahier des charges n’a pas été tenu par l’entreprise précédente

Le cahier des charges de l’ancienne exploitation mentionnait comme pour toutes les carrières une remise en état après extraction. L’exploitant (entreprise Gregory) s’engageait à «réaliser des merlons engazonnés et plantés d’arbres (150 plants prévus) pour former une haie » (…) « à l’état final tous les versants et talus seront reconstitués par remblaiement ainsi qu’une petite partie des banquettes de 6 m. (350 plants). » De ce cahier des charges datant d’avril 96, rien n’a été fait (voir les engagements signés par l’entreprise Gregory, p. 98, de la demande d’autorisation d’exploiter d’avril 1996).

Merlon

Où sont les centaines d’arbres promis pour reconstruire les haies en bordure de la carrière ?

Front de Carrière

Où sont les banquettes engazonnées et les remblaiements promis au terme de l’exploitation de chaque tranche ?

Qui doit réaliser la remise en état promise, l’entreprise précédente ou le nouvel acquéreur ?

Quel a été le contrôle réel de la DRIRE sur ce secteur ?

Donner un blanc-seing pour 30 ans à ce type d’exploitation, lorsqu’on s’aperçoit que la remise en état n’a pas été contrôlée, ne nous paraît pas sérieux.

C’est pourquoi nous demandons :

  1. Que la remise en état des banquettes de l’ancienne exploitation, les merlons et les plantations prévues soient effectivement réalisées sur demande de l’organisme compétent à l’entreprise responsable.
  2. Qu’à chaque nouvelle phase d’exploitation, l’autorisation ne soit effectivement acquise qu’après un contrôle de la remise en état de la tranche précédente.
  3. L’autorisation ne doit pas être signée pour 30 ans sans être assortie d’un agenda fixant un calendrier précis des périodes de contrôle de la remise en état à chaque phase de l’exploitation.

4. Le dolmen du Communal doit faire l’objet d’une protection supplémentaire

Le service régional de l’Archéologie a mis en évidence et situé avec précision 5 dolmens ou tumulus (étude sur le terrain des 3 et 4 juin 1995). Bien que ces monuments mégalithiques ne soient pas classés monuments historiques en raison de leur état extérieur, ils ont cependant fait l’objet d’étude dans le cadre de l’inventaire des mégalithes du Lot (Jean Clottes). Il est permis de penser à la vue de plusieurs tumulus que le secteur du Ruscou se présente comme une véritable nécropole et que tout ce secteur mérite une protection renforcée.

La présence de l’un de ces dolmens, celui du Communal, sur la zone d’extension demeure très préoccupante, même si avec une précision qui reste à vérifier, ce mégalithe se situerai sur une zone non exploitable de la carrière (juste en bordure sur les plans proposés).

Dolmen du Communal et son tumulus

En raison des risques spécifiques d’ébranlement de la structure de tout le tumulus, lors de tirs de mine, nous demandons que le périmètre de protection autour du dolmen du Communal soit du même niveau que celui attribué aux monuments classés soit : 500 m.

5. Le trafic routier engendré par le transport des matériaux

Il sera d’une toute autre envergure que celui de la précédente exploitation. Le volume à extraire s’élève en effet à 100 000 t/an pendant 30 ans ! Il viendra s’ajouter au trafic déjà intense et croissant qui traverse le village. Une donnée supplémentaire qui impose l’urgence de la déviation du bourg.

Parc Naturel Régional des Causses du Quercy : délibération du comité syndical du 5 décembre 2007

Au vu de l’analyse du projet, et suivant l’avis émis par la commission « Urbanisme, environnement et patrimoine », le comité syndical émet un avis réservé sur le projet d’extension et de renouvellement d’autorisation d’exploiter cette carrière.

Cette réserve est émise en raison des éléments suivants :

  • manque d’une étude (par traçage) sur la circulation des eaux souterraines en lien avec la carrière.
  • période d’exploitation sollicitée trop longue.
  • entrées de carrières non sécurisées, notamment sur le plan de la circulation routière.
  • non définition d’une distance tampon autour de la carrière pour en limiter l’impact sur les habitations voisines.
  • En outre, afin d’obtenir une meilleur intégration paysagère, une végétalisation devrait être prévue au fur et à mesure de l’avancement de l’exploitation.