Puy-blanc terrain d’étude pour des étudiants de l’université de Rennes

En janvier une vingtaine d’étudiants en master 2 « écologie et gestion des territoires » étaient accueillis par l’association pour une journée de visite sur la zone humide de puy-blanc. L’après-midi se poursuivait par une séance de travaux pratiques avec l’entretien des vasques destinées à la reproduction du crapaud sonneur.

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Étude sur les sonneurs

 

D’avril jusqu’à fin juin 2013  la population de crapauds sonneurs de Puy-blanc va fait  l’objet d’une étude menée par Nature Midi-Pyrénées dans le cadre d’un plan national de sauvegarde de cette espèce de batraciens.

L’association du côté de Puy-blanc s’est associée à cette action en participant régulièremeCrapaud sonneur à ventre jaunent aux comptages et identifications avec les spécialistes.

Les pluies abondantes du printemps ont permis à une population conséquente de se reproduire. La température trop basse a retardé l’éclosion des œufs.

Vis-à-vis du protocole de « Capture-Marquage-Recapture », les résultats statistiques montrent que la population est à son maximum aux alentours de 15 individus dans la carrière.

Une seconde campagne de suivi en 2014 a permis de confirmer la stabilité de cette population dont la plupart des individus rencontrés en 2013 ont été reconnus en 2014

Concernant les individus présents dans les ornières proche du ruisseau des Bormes, il s’agirait d’une population isolée et distincte de celle de la carrière (nous n’avons pas d’indices génétiques pour le moment, mais la route qui sépare les deux sites et la distance de 600m qui lesCrapaud sonneur à ventre jaune sépare sont déjà de bons arguments).

Une réunion bilan se tenait en décembre 2014 au Conseil général pour faire le point sur ces deux années d’observation et sur l’état de ces populations de sonneurs dans le département . Le Lot est en effet le seul département de Midi-Pyrénées concerné.

Le site de Puy-blanc s’avère comme la station la plus importante et la plus régulière dans le temps  pour la présence de sonneurs. C’est pourquoi des mesures de protection de l’habitat s’imposent sur ce secteur.

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Sentier de découverte du site de Puy-blanc

Neufs étapes sont prévues sur le parcours avec, pour chacune d’entre elle, un panneau à thème abordant un élément du paysage

Schéma sentier

Suivez le balisage jaune.
Durée du parcours : deux heures environ (5 à 6 km).

Cheminant dans un paysage fort contrasté ce sentier de Puy-blanc permet tout à la fois de parcourir les sous bois marneux d’un site propre à la fabrication de la tuile et de longer les murets de pierres caractéristiques du causse. On y rencontrera étangs, fontaines, ruisseau et pertes ainsi que le voisinage plus ou moins heureux de l’habitat rural traditionnel du Quercy avec celui d’un passé plus récent, témoignage d’une tradition ouvrière autour de l’ancienne tuilerie.

Télécharger : guide du sentier d’interprétation de Puy-Blanc [PDF]

Itinéraire

Au carrefour de la tuilerie de Puy-blanc, deux panneaux ouvrent ce circuit.

Le premier nous offre un aperçu général du chemin à parcourir avec les emplacements et les thèmes des 9 panneaux placés sur ce sentier.

Le second panneau présente brièvement l’ancienne tuilerie dont on pourra admirer l’impressionnant bâtiment avec ses multiples ouvertures destinées au séchage de la tuile.

Par la route, on prendra tout d’abord la direction de Reyrevignes en passant devant la dernière cheminée de l’usine qui en comptait trois au début du siècle.

Après avoir dépassé les derniers bâtiments de la tuilerie, nous quittons la route à 500 m. du départ pour prendre un chemin sur la gauche et monter sur le causse, en rebord de faille. Arrivé sur une petite route, on la prend à gauche sur environ 800 m.

Cette route traverse le hameau de Tagner puis de Rustand où l’on trouvera le troisième panneau qui aborde les éléments du petit patrimoine bâtit. Ici existait un important tumulus de l’âge du fer détruit en 1881 pour effectuer l’empierrement de la route menant de la tuilerie à la gare SNCF du Pournel.

Au carrefour nous passons sur la voie ferrée et 50 m. après, nous prenons un chemin sur la gauche après avoir jeté un coup d’œil au quatrième panneau traitant de la géologie, de la flore et de la faune caractéristiques du causse.

Au terme de cette traversée de causse et en bas de la descente, nous rejoignons la voie ferrée et les gouffres où se perd le ruisseau des Bormes. Un panneau placé sous le pont explique l’importance de ce lieu, véritable évacuation des eaux du site en direction du Célé.

Les repères de crues historiques donneront la mesure du débit de l’eau à certains moments et l’intérêt de l’entretien permanent des gouffres d’évacuation par la SNCF.

On prendra la montée après le pont jusqu’à la petite route goudronnée où se présente alors l’alternative suivante : poursuivre le chemin sur la gauche en direction du hameau du Pournel ou effectuer une petite variante, un aller-retour (¾ d’heure) pour découvrir la charmante fontaine-lavoir de Pomier.

Option : fontaine-lavoir de Pomier

Pour l’option « fontaine de Pomier », poursuivre la montée jusqu’au lieu-dit Rocassou. Sur la gauche, l’entrée de la grange nous offre un large point de vue sur l’étendue des anciennes cCheminarrières, le bois de Puy-blanc et en face, au fond, la cheminée de la tuilerie.

Lorsque la route s’élargit et atteint presque le sommet, prendre à gauche pour redescendre en direction du bas de la faille. Dès l’arrivée au carrefour, en bas du chemin, on tournera à gauche pour découvrir, 200 m. plus loin sur la droite, la fontaine de Pomier.

Reprendre ensuite le même chemin en sens inverse pour rejoindre le carrefour où nous continuerons la route goudronnée qui traverse le hameau restauré du Pournel.

Nous prendrons la route goudronnée sur la gauche pour atteindre le hameau du Pournel qui a donné son nom à la gare SNCF qui se situe 2 km. au nord.

Le panneau placé à ce carrefour aborde les caractéristiques propres à ce milieu humide, constitué de deux étangs artificiels créés lors de la mise en eau des anciennes carrières. En restant discret pour ne pas perturber la faune de ce milieu, on suivra la flèche pour atteindre un petit poste d’observation au bord des étangs.Chemin

Lors de l’exploitation des carrières, trop souvent inondées, il avait été décidé de réaliser un forage d’une profondeur d’environ 150 m. pour évacuer cette eau dans le calcaire souterrain. L’effet obtenu fut l’inverse de celui souhaité et ce forage donna lieu à un véritable puits artésien qui alimente durant 8 à 10 mois de l’année les étangs dont le trop plein se déverse dans le ruisseau.

Laissant le chemin des étangs sur notre gauche (propriétés privées) on poursuivra le sentier en nous enfilant dans le bois et en longeant le ruisseau des Bormes. Le dernier panneau nous offre un panorama de ce nouveau milieu où l’on pourra remarquer la différence des chênes avec ceux du causse (Chêne pédonculé dans le bois et chêne pubescent sur le causse).

Ce chemin ombragé rejoint la route goudronnée que nous prendrons à droite pour regagner la tuilerie dont nous observons la cheminée tout au fond.

Itinéaire du sentier d'interprétation

Géologie de Puy-blanc

sentier des argiles table 1

sentier des argiles table 1

Étude réalisée par Mme Lefravay-Raymond, géologue, auteur de la carte géologique de Figeac au 1/5O OOO.

Stratigraphie

La présence abondante d’argiles marneuses, qui avaient constitué jusqu’en 1985 le gisement nécessaire à la production de tuiles de l’usine de Puy-blanc, est la raison technique qui a orienté le choix du bureau d’études vers ce secteur comme site possible d’implantation du C.D.R.U.(centre de stockage des déchets ultimes).

Les sondages implantés dans ce secteur (Asturienne des mines, S.N.P.A., etc.) ont montré sous les calcaires ocres du Jurassique moyen (Bajocien) ce niveau argileux (Toarcien) d’environ 30 à 40 m. d’épaisseur qui repose sur un calcaire roux (Domérien).

Coupe stratigraphique résumée

1. Les Argiles (Toarcien)

Tous les sondages qui les ont traversé, ont montré, sous les calcaires jurassiques moyens, ce niveau d’environ 40 m. En surface, en raison de tassements et de glissements on lui attribue généralement 30 m.(on peut prendre ce chiffre comme prévision de la coupe du site).

Mais à quelques centaines de mètres du site prévu, les carrières qui ont permis d’exploiter une grande partie de cette argile, peuvent descendre presqu’au sommet des calcaires sous-jacents. (La découverte, en établissant la carte géologique, d’Hildocéras bifrons, au carrefour des Bormes, permet d’affirmer qu’en ce point la calcaire est à environ 10 m.).

2. Le Calcaire roux (Domérien)

Ce calcaire (20 m. environ), sur lequel sont bâtis de nombreux villages (Cambes, Camboulit…) constitue un niveau d’eau important et alimente de nombreuses sources dans ces villages. La structure particulière du secteur de Puy-blanc (voir Hydrologie) ne permet pas à ces eaux de s’écouler à l’extérieur, elles forment ainsi une nappe captive proche de la surface (de 6 à 30 m. de profondeur).

3. Les Calcaires et Dolomies

Sous une trentaine de mètres d’argiles et de marnes (Domérien inférieur), une épaisse série calcaire, d’une centaine de mètres retient une deuxième nappe captive d’eaux sulfatées sodiques. (Cette eau était exploitée à Miers – Alvignac). Cette eau est artésienne et jaillit dans les sondages de Puy-blanc et Théminettes.

Tectonique

Ces argiles et marnes de Puy-blanc constituent un panneau limité par des failles à l’Est, à l’Ouest et au Sud. Elles reposent au Nord sur le calcaire domérien et par un pendage Sud, s’accroissent en épaisseur et s’enfoncent sous une petite barre de calcaire bajocien (le Pournel, Rocassou).

Au Sud de cette barre, une faille met en contact ce calcaire avec des marnes (marnes existantes sous les calcaires roux du Domérien inférieur).

coupe Nord/Sud

Hydrogéologie

Remontée de l’eau du sous-sol

L’eau pénètre par le Nord dans la calcaire domérien, descend la pente et est arrêtée au Sud par les marnes du Domérien inférieur (30 m. d’épaisseur) qui jalonnent la faille Est/Ouest. Cette nappe reste donc captive et si les pluies sont très fortes, l’eau ressort au Nord (source de Marot et petites sources de l’Est de Puy-blanc), puis partout où elle peut se frayer un chemin. C’est ainsi qu’un puits d’évacuation creusé dans le Domérien lors de l’exploitation de la carrière (situé dans la partie Sud du plus grand étang)a donné lieu par voie de conséquences à une alimentation permanente des étangs qui l’hiver ou par grandes pluies se déversent dans le ruisseau des Bormes.

Inondations périodiques

l'eau s'évacue par la voie ferrée

L’eau s’évacue par la voie ferrée

Les crues de ce ruisseau sont donc monnaie courante et plus ou moins catastrophiques. Après les crues du printemps 94 la S.N.C.F. a dû réaménager les gouffres constituant les pertes de ce ruisseau. Cet entretien récent permettra une évacuation plus rapide en évitant les bouchons constitués par les matériaux charriés, mais ne supprimera pas les inondations du ruisseau qui peut monter jusqu’à 5 m. au-dessus de son niveau habituel sous le pont S.N.C.F.

Pertes du ruisseau en liaison directe avec le Célé

Les gouffres (quatre pertes de ruisseau sous la voie S.N.C.F. au Pournel et Cloup chaud) constituent l’évacuation naturelle des eaux de Puy-blanc par le ruisseau des Bormes ce dernier ressort à la fontaine de Pech laval en bordure de la vallée du Célé et rejoint cette rivière.

Puy-blanc, se trouve ainsi, par ce réseau souterrain, « en prise directe » avec le Célé, situation qui rend très sensible toute arrivée de pollution dans les eaux de ruissellement.

Perte du Pournel

Perte du Pournel

La flore de Puy-blanc

par Yvette Bonal et Andrée Lefavray-Raymond

L’itinéraire de découverte, balisé en jaune au départ de la tuilerie, sera notre fil conducteur pour cette observation de la flore en ces lieux où alterneront des espèces de zones humides et d’autres, caractéristiques du causse. L’originalité de ce site, nous permettra de trouver à quelques pas l’un de l’autre, le bouillon blanc du Causse, la bruybalade-sous-boisère du Ségala et le chanvre d’eau, propre aux marais. Une végétation qui est bien évidemment déterminée pour une grande partie par la géologie particulière de ce secteur mais qui a été aussi modifiée par les activités humaines.

Le relevé de ces plantes ayant été effectué en automne, certaines espèces seront plus difficiles à découvrir, d’autres au contraire, plus évidentes au printemps.

Au départ du circuit (balisage jaune au départ du mur arrondi de la tuilerie au carrefour de Puy-blanc), la route qui mène à Reyrevignes comporte des érables champêtres, chênes rouvres (ou pédonculés), ormes (en taillis). Les arbustes sont aussi très courants : prunelliers, fusains d’Europe (bonnet carré), chèvrefeuilles, troènes, clématites grimpantes dans les haies.

Au débouché de la source (sur la droite avant de prendre le chemin dans le champ à gauche), une pièce d’eau se repère par la présence de massettes de roseaux, des saules, des épilobes. Plusieurs peupliers sont visibles, ceux avec les branches collées au tronc, le pyramidalys, les autres, à la ramure plus importante, ce sont les peupliers noirs typiques.

Pour une courte variante à caractère géologique, nous quitterons provisoirement le balisage qui continue à gauche dans un chemin, pour rester sur la route et monter sur un mamelon constitué de calcaires ocres roux. Ce calcaire, chargé de débris de fossiles, est le calcaire roux du Domérien sur lequel reposent les marnes du Toarcien des carrières de Puy-blanc. On pourra reconnaître, incrustés dans ce calcaire, des bélemnites, débris de gryphées.

Le causse

On prendra le premier embranchement à gauche, la traversée du hameau de Courbous, nous donne l’occasion de découvrir un autre calcaire, plus fin, mieux lité, plus blanc, c’est le calcaire du Bajocien, celui qui existe au sommet des marnes et qui apparaît ici grâce à une faille N/S.

La variante rejoint le balisage initial, à partir d’un chemin venant de la gauche, à l’entrée du hameau de Tagner.

La petite route qui mène de ce hameau à celui de Rustand est toujours bordée de haies avec églantines, prunelliers, ormes et aubépines. On atteint ici le calcaire clair du sommet des marnes (Bajocien) en position stratigraphique normale, typique des paysages du causse. On y trouve donc naturellement, murets de pierres sèches, cazelles, dolmens et des affleurements de calcaires (à gauche en quittant le hameau). Face aux dernières maisons de Rustand on remarquera dans la haie, quelques beaux érables de Montpellier caractéristiques de la flore calcaire, les chênes pubescents, ainsi qu’un cornouiller mâle dont un exemplaire est visible à la dernière maison avant le carrefour.

La traversée de la voie de chemin de fer nous permet d’observer une tranchée dans le Bajocien.

Le long du chemin bordé de murets de pierres on trouvera la flore caractéristique des sols calcaires: campanules gantelée, digitale jaune, chèvrefeuille, etc.

Ce cachet de la flore calcaire se poursuit si l’on quitte le sentier et si l’on poursuit la route goudronnée vers Lacrit, avec un magnifique fusain d’Europe et un alisier, juste avant la descente.

Le contact entre le Domérien supérieur et le Domérien inférieur (marnes à lentilles sableuses) est bien marqué à l’arrivée de la route sur la D13 par un châtaignier.

Le long du ruisseau des Bormes:

Après un coup d’oeil à la fontaine-lavoir, nous prenons la route goudronnée bordée de haies toujours composées d’ormes, fusains, cornouillers sanguins très abondants. Les talus sont garnis de fraisiers et de grand panais.

Après avoir traversé le petit bois de Puy-blanc où domine le chêne pédonculé et longé le ruisseau, on atteint, à droite de l’itinéraire fléché, l’entrée des anciennes carrières de la tuilerie.

Les étangs

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masette

Le chemin qui traverse les deux étangs (variante hors circuit de balisage, propriété privée donc respectez des lieux) nous présente un paysage étonnant. Les étangs correspondant aux niveaux les plus bas de l’exploitation de la carrière, sont alimentés en permanence par plusieurs sources et un puits artésien. On y trouve à foison labiées des sols humides comme la menthe aquatique et le chanvre d’eau.

Cette végétation palustre est complétée par le saule, le tremble et, au bord des étangs, les massettes (roseaux) dont certaines à feuilles étroites (plus rares).

Le crapaud sonneur à ventre jaune

Crapaud sonneur à ventre jaune

Le crapaud sonneur à ventre jaune (bombina variegata) est une espèce en régression dans la plupart des pays européens, il fait l’objet, en Allemagne, par exemple, mais aussi dans certaines régions françaises (Haut-Rhin, Allier, Eure et Loire), de plan de protection de l’espèce. Totalement protégé en France, par l’arrêté du 22 juillet 1993 (comme le triton marbré, l’alyte accoucheur également présents en nombre sur le site), le sonneur à ventre jaune est inscrit aux annexes II et IV de la directive Habitats ainsi qu’à l’annexe II de la convention de Berne.

Le site de Puy-blanc représente vraisemblablement l’une des ultimes limites à l’ouest de la répartition de cette espèce en Europe. Le bois, les carrières et les étangs de Puy-blanc constituent une zone d’une trentaine d’hectares représentant l’aire de vie et de reproduction du sonneur à ventre jaune. A ce titre, ce secteur doit faire l’objet d’une mesure de préservation des populations existantes et d’un plan de rétablissement progressif de l’espèce par l’entretien et la réhabilitation de petits points d’eau.

Ce petit crapaud vit dans l’eau, il est plutôt plat aux yeux très proéminents. Il se caractérise par un ventre lisse orné de tâches noire et jaune vif. L’animal utilise cette coloration pour effrayer l’ennemi, il secrète par ailleurs un produit qui irrite les muqueuses. Les pontes ont lieu dans l’eau au printemps. Il vit dans de petits points d’eau, mares abreuvoirs, fossés ou même dans l’eau croupie où ne vit aucun autre batracien.

Le sonneur à ventre jaune est en régression complète dans la plupart des pays d’Europe.En France on le rencontre dans le Centre, l’Est et le Nord-Est. Son déclin s’explique en partie par le changement des pratiques agricoles, comblement des mares, débardage dans les forêts en période de reproduction, pollution de son habitat.

Les poissons des étangs et…. les espèces invasives

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Créés de toute pièce avec l’exploitation de la carrière d’argile, les deux plans d’eau ont été peu à peu empoissonnés par les ouvriers de la tuilerie et plusieurs concours de pêche y eurent lieu durant les fêtes de Puy-blanc.

Ces deux étangs sont ainsi devenus, au fil des ans, un lieu de pêche très apprécié des amateurs en raison de la variété et de la qualité de son poisson. Rappelons cependant que ces pièces d’eau et leurs accès, sont sur des propriétés privées.

 

Les gardons y sont parmi les poissons les plus abondants et les plus appréciés. Ils préfèrent en effet les eaux calmes et peu courantes. La ponte se déclenche en avril mai, leurs œufs (20 000 à 100 000 par femelle) adhèrent aux végétaux.

Les tanches sont aussi très abondantes, car elles aiment les eaux calmes qui se réchauffent bien. Les débris végétaux et les animaux du fond constituent leur menu. La ponte a lieu l’été au cours d’ébats très bruyants.

Quelques énormes carpes se cachent discrètement dans les profondeurs des étangs, et il n’est pas exceptionnel d’en sortir certaines atteignant 5 kg. La carpe a été introduite en France par les Romains. Les « carpes cuir » ne laissent apparaître que quelques écailles. Elles sont le produit de sélection au cours d’élevage. La ponte se déclenche lorsque la température atteint 18 à 20°c. Une carpe peut vivre une vingtaine d’année.

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Le brochet, à la fois le seigneur et nettoyeur des lieux, reste le poisson noble par excellence et se reproduit parfaitement ici. Sa taille reste cependant plus courte en eau calme que dans les eaux courantes. Ses 700 dents ne servent qu’à blesser et retenir ses proies. Solitaire, il chasse à l’affût. C’est certainement le poisson le plus utile de nos eaux douces car il débarrasse les étangs des poissons blessés, malades ou en surnombre.

La perche commune viendra également compléter cette liste. Les jeunes perches vivent en banc. La période de reproduction arrive très tôt dans l’année (février, mars). Les œufs forment des cordons de plus d’un mètre de long.

La perche arc-en-ciel (ou perche-soleil) qui malgré sa belle cuirasse étincelante, cause de véritables ravages dans les étangs. Très vorace, elle détruit les alevins en grand nombre et son introduction est interdite dans les eaux libres. Au bord des étangs, elle conserve cependant la fonction indispensable de nettoyeur des lieux.

Trois espèces invasives sont venues perturber cette faune aquatique:

le ragondin, la tortue de Floride (à présent disparue) et deux variétés d’écrevisses américaines…

écrevisse de Californie attrapée au bord du grand étang

écrevisse de Californie attrapée au bord du grand étang

guide authentification des écrevisses américaines

Les oiseaux de Puy-blanc

par Jean-Paul Lafond

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Apprenant qu’un sentier de découverte avait été créé sur son territoire, le râle d’eau, oiseau rare dans le Lot, nous présente, quelques copains à plumes, au fil de ce sentier. Mais laissons lui la parole :

D’abord, si vous voulez voir

des oiseaux, faites comme moi, pratiquez le mimétisme, mon dos brun et ma poitrine grise me permettent de passer inaperçu dans les herbes des marécages où je m’y faufile le corps dressé et le coup tendu. Pas vu … pas pris !

Mon défaut ? lorsque j’appelle ma compagne, je grogne et pousse des cris aigus comme… un cochon! On ne peut être parfait.

Comme pour moi ce sont votre vue et votre ouïe qui vous guideront dans vos rencontres.

Attention au départ ! munissez-vous du document « Sentier de découverte Puy-blanc » disponible au siège de l’association. Le sentier commence par la tuilerie, je lui dois la présence de ces deux étangs, merci, car les zones humides sont rares dans le Lot.

Dans les haies et les prés

Le serrurier : au printemps, on entend souvent une lime qui travaille inlassablement sur deux tons “titu; titu;” parfois trois “tititu; tititu;” joues blanches, cravate noire et jaune citron sur le centre. C’est la mésange charbonnière.

Le traîne-buisson : cet oiseau brun, avec un long bec fin est solitaire et on le prend souvent pour un moineau. Il passe souvent inaperçu sauf s’il lui prend l’envie de chanter. L’accenteur mouchet est discret et reste bas dans les buissons.

Près des hameaux

Le ramoneur : Le mâle noir de suie sous la gorge, se tient sur les toits, les cheminées ou les antennes T.V. De là, il lance son chant dont le début ressemble au bruit du verre que l’on écrase. C’est le rouge-queue noir.

Le serin vert : C’est un petit serin sauvage, à la queue échancrée qui adore se percher et nous “ seriner ” son chant grinçant et précipité. Bien sûr, c’est le mâle gris au poitrail et croupion jaune, qui chante. C’est le serin cini.

Le ratelet : Souvent pris pour un roitelet, c’est cet oiseau semblable à un petit rat, brun chocolat, qui se faufile partout au ras du sol. Sa queue, toujours dressée et son air affairé permettent de l’identifier rapidement. C’est le troglodyte mignon.

Dans les bois

Le rossignol d’hiver : Autrefois on croyait que le rossignol se transformait en rouge-gorge l’hiver venu. En fait le rossignol passe l’hiver en Afrique tropicale.

Le rouge-gorge est sédentaire chez nous

Le compteur d’écus : « tsilp ; tsalp; tsilp; tsalp » le chant du pouillot véloce, égrené de mai à juillet ressemble au bruit des pièces jetées l’une contre l’autre. C’est l’un des plus petits oiseaux (poids : 7 à 8 g.).

Le pic-maçon : nichant dans un ancien trou de pic, la sittelle torchepot en réduit l’entrée à sa taille en la garnissant de boue séchée. Cet oiseau a la taille d’un moineau, le dos gris-bleu, le ventre beige avec un peu de roux sous les ailes. Elle escalade les troncs d’arbre dans tous les sens à la recherche de sa nourriture.

Aux étangs

Nous allons rester à bonne distance, afin de ne pas déranger mes amis sinon, je les connais bien, ils ne montreront pas le bout de leur bec et resteront silencieux.

Quelques résidents tout d’abord :

La pattes vertes : ce « krou » clair que vous entendez parfois s’échapper des rives d’un étang ou d’une rivière, c’est celui de la poule d’eau. Elle voudrait me ressembler, mais son plumage noir, un peu strié de blanc sur les côtés (comme moi), son bec rouge et jaune et sa grande taille vous aideront à la reconnaître. Elle n’est pas très discrète.

Le sorcier : « il y avait un petit canard et il n’y a plus rien ! » A la moindre alerte, le grèbe castagneux disparaît en plongeant instantanément sous la surface de l’eau, pour reparaître, parfois assez loin. Ce comportement lui permet aussi de se nourrir sous l’eau de petits crustacés, de larves ou de poissons. En été sa gorge est roux cuivré. Lors des jeux nuptiaux, il pousse de petits rires hystériques.

Les oiseaux du voyage

(en hiver, parfois pour quelques jours seulement)

L’enfant bleu : Un cri aigu, un éclair bleu au ras de l’eau, c’était le martin pêcheur. Venant du nord, chassé par le froid, il est visible lorsqu’il fait du surplace au bord de l’eau, avant de plonger sur un poisson.

Le héron cendré dont le vol n’est pas plus discret que le mien, les bruants des roseaux qui dorment à l’abri des plantes au-dessus de l’eau, de petits échassiers, chevaliers, bécassines, ont aussi besoin de ces lieux pour passer les hivers.

Mais la nuit tombe, le crapaud accoucheur joue de sa flûte et la faim m’oblige à vous quitter. J’espère que vous aurez apprécié la randonnée.

Mes amis de poils et de plumes, à élytres ou écailles qui ne demandent qu’à vivre en paix à Puy-blanc, se joignent à moi pour souhaiter que ce paradis naturel reste le plus longtemps possible en état.

Les batraciens

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avec la présence de sept espèces de batraciens, Puy-blanc est un site remarquable pour le département du Lot

Cette richesse tient à la présence de nombreuses mares, ruisseaux, flaques, indispensables à la reproduction des batraciens, mais aussi au milieu forestier encadrant étangs et mares. Sans la forêt, un grand nombre de ces batraciens disparaîtraient et en premier lieu bonbina variegata (crapaud sonneur à ventre jaune) qui est directement lié au milieu forestier (En Auvergne, toutes les stations sont situées à l’orée d’un bois ou en forêt). De même à Puy-blanc, un adulte a été trouvé dans une ornière, à l’entrée d’un chemin forestier, et les cinq autres avec leurs têtards juste en bordure de la forêt.

Bombina variegata est ici dans le Lot dans sa limite ouest de répartition. La population relevée à Puy-blanc est relativement importante, (en Auvergne beaucoup de stations sont établies à partir de l’observation d’un seul individu).

Le crapaud sonneur à ventre jaune figure sur la liste des espèces dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation (Annexe 2 de la directive Européenne du 27 juillet 92).

Supprimer le bois jouxtant les étangs et les mares, reviendrait à faire disparaître bombina variegata du site et mettrait à mal la population des salamandres tachetées et des tritons marbrés, ayant une vie terrestre plus importante que leur vie aquatique. Il faut donc considérer le site de Puy-blanc sans dissocier les éléments qui le composent. Étangs, mares, flaques, ruisseau et forêt font un tout. La présence du crapaud sonneur à ventre jaune justifie l’extension de la ZNIEFF au milieu forestier.

Frédérique Durand (herpétologue)

Plaidoyer pour le crapaud…

par F. Durand (herpétologue) et J. Thébaud

La zone humide de Puy-blanc caractérisée par les étangs mais aussi par de nombreux trous d’eau ou petites mares, et le bois voisin, constitue un habitat favorable pour bon nombre de reptiles, batraciens et libellules.

Jugés répugnants en raison de leur apparence physique, et de la texture de leur peau, la plupart des batraciens que l’on découvre, souvent par surprise et la nuit de surcroît, ont peu d’attrait pour l’homme. Ne sont ils pas associés dans nos contes et légendes à quelques sortilèges où ils constituent bien souvent le plat du jour des sorcières ou deviennent l’abominable réincarnation d’un beau et jeune prince.

Des S.D.F. nocturnes, victimes de la circulation

Comme les hérissons, les batraciens sont les grandes victimes de la circulation. Des milliers périssent écrasés par les roues des automobiles lors de leurs soirées de migration printanières vers leurs lieux de ponte ancestraux. L’habitat caractéristique des batraciens est constitué d’une zone boisée où ils hibernent mais passent aussi une partie de l’été au frais et de lieux humides (flaques, mares, étangs) où ils vont se reproduire au printemps. Lorsque leurs trous d’eau de prédilection sont comblés ou deviennent régulièrement le lieu de passage d’un engin motorisé, lorsque leur itinéraire annuel de reproduction est coupé par le ruban de béton d’un axe routier, ces utiles et modestes petits animaux, grands dévoreurs de mouches, moustiques et limaces se voient contraints de chercher un autre micro territoire ou de disparaître.

La grenouille rousse : est très commune dans le secteur. Elle hiberne habituellement dans la boue au fond de l’eau. Les mâles ne coassent que le jour C’est elle qui quitte au printemps, la première, son lieu d’hivernage (en mars). Les oeufs de la grenouille rousse sont agglutinés en paquet

Le triton marbré : Ce magnifique spécimen vert, marbré de noir existe dans tout le sud ouest et en Espagne. Pendant son mode de vie terrestre, ce triton est orné d’une bande orange au milieu du dos jusqu’au bout de la queue. Comme tous les tritons, dès que la douceur printanière les sort de leur sommeil hivernal, ils se met à l’eau et s’accouple.

triton marbré

Le triton palmé : Ce petit triton qui possède une membrane natatoire entre les doigts des membres postérieurs se multiplie dans les eaux dormantes, la femelle pond ses oeufs en mars et, au bout de quatre mois, les jeunes se hissent sur la terre ferme.

Tritons

Le crapaud commun (bufo bufo) : a une peau dure et sèche couverte de nombreuses pustules, il est souvent visible près des maisons, les nuits de printemps. La femelle, qui peut atteindre 15 cm. de long, est plus grosse que le mâle.

La salamandre : est parmi les amphibiens terrestres, l’un des modèles le plus coloré, mais méfiance, sa peau lisse, noire et jaune produit une substance toxique qui protège l’animal de ses ennemis. La salamandre terrestre, animal nocturne, habite dans les bois et dépose ses larves dans l’eau en mai juin. Les larves, après trois mois environ de métamorphose, quittent leur milieu aquatique.

Salamandre tachetée commune

Le crapaud accoucheur : on le découvre souvent sous une vieille bâche ou dans le sable, avec une grappe d’oeufs sur le dos. C’est en effet le mâle, chez l’alyte accoucheur, qui se charge de protéger les oeufs et de les maintenir en permanence à l’humidité. Pour cela, après la ponte de la femelle, il enroule le collier d’oeufs autour de ses pattes et porte son fardeau pendant trois semaines environ; lorsque les oeufs sont prêts à éclore il les dépose près d’un point d’eau. En février et mars, le carillon nocturne des mâles qui appellent leur compagne est du plus bel effet sonore, il tient de la clochette et de la goutte d’eau.

Le crapaud sonneur à ventre jaune

Crapaud sonneur à ventre jaune

Inventaire des reptiles et batraciens de Puy-blanc observés le jeudi 23 mai 1996

Observations réalisées par Frédérique Durand (Responsable de l’inventaire reptiles et amphibiens du parc Livradois-Forez ; Responsable d’une étude sur le bombina variegata et triturus cristatus pour l’observatoire du patrimoine naturel d’Auvergne).

Depuis cette première observation qui mettait en évidence la présence du crapaud sonneur sur le site de Puy-Blanc, chaque année les membres de l’association ont pu réaliser les mêmes observations confirmant cette présence avec une variation des stations d’une année sur l’autre.

Nombre d’observations et individus observés

Reptiles

  • podarcis muralis/lézard des murailles : plus de 10
  • lacerta viridis/lézard vert : plus de 10
  • natriax natrix/couleuvre à collier : 3
  • coluber viridiflavus/couleuvre verte et jaune : 4

Batraciens

  • triturus helveticus/triton palmé : plus de 10
  • triturus marmoratus/triton marbré : 1 adulte et 3 larves
  • bufo bufo/crapaud commun : 3 adultes et très nombreux têtards
  • rana temporaria/grenouille rousse : 2 adultes et très nombreux têtards
  • bombina variegota/crapaud sonneur : 6 adultes et têtards
  • alyte obstreticans/crapaud accoucheur : très nombreux témoignages riverains
  • salamandra/salamandre tachetée commune : témoignages riverains