La flore de Puy-blanc

par Yvette Bonal et Andrée Lefavray-Raymond

L’itinéraire de découverte, balisé en jaune au départ de la tuilerie, sera notre fil conducteur pour cette observation de la flore en ces lieux où alterneront des espèces de zones humides et d’autres, caractéristiques du causse. L’originalité de ce site, nous permettra de trouver à quelques pas l’un de l’autre, le bouillon blanc du Causse, la bruybalade-sous-boisère du Ségala et le chanvre d’eau, propre aux marais. Une végétation qui est bien évidemment déterminée pour une grande partie par la géologie particulière de ce secteur mais qui a été aussi modifiée par les activités humaines.

Le relevé de ces plantes ayant été effectué en automne, certaines espèces seront plus difficiles à découvrir, d’autres au contraire, plus évidentes au printemps.

Au départ du circuit (balisage jaune au départ du mur arrondi de la tuilerie au carrefour de Puy-blanc), la route qui mène à Reyrevignes comporte des érables champêtres, chênes rouvres (ou pédonculés), ormes (en taillis). Les arbustes sont aussi très courants : prunelliers, fusains d’Europe (bonnet carré), chèvrefeuilles, troènes, clématites grimpantes dans les haies.

Au débouché de la source (sur la droite avant de prendre le chemin dans le champ à gauche), une pièce d’eau se repère par la présence de massettes de roseaux, des saules, des épilobes. Plusieurs peupliers sont visibles, ceux avec les branches collées au tronc, le pyramidalys, les autres, à la ramure plus importante, ce sont les peupliers noirs typiques.

Pour une courte variante à caractère géologique, nous quitterons provisoirement le balisage qui continue à gauche dans un chemin, pour rester sur la route et monter sur un mamelon constitué de calcaires ocres roux. Ce calcaire, chargé de débris de fossiles, est le calcaire roux du Domérien sur lequel reposent les marnes du Toarcien des carrières de Puy-blanc. On pourra reconnaître, incrustés dans ce calcaire, des bélemnites, débris de gryphées.

Le causse

On prendra le premier embranchement à gauche, la traversée du hameau de Courbous, nous donne l’occasion de découvrir un autre calcaire, plus fin, mieux lité, plus blanc, c’est le calcaire du Bajocien, celui qui existe au sommet des marnes et qui apparaît ici grâce à une faille N/S.

La variante rejoint le balisage initial, à partir d’un chemin venant de la gauche, à l’entrée du hameau de Tagner.

La petite route qui mène de ce hameau à celui de Rustand est toujours bordée de haies avec églantines, prunelliers, ormes et aubépines. On atteint ici le calcaire clair du sommet des marnes (Bajocien) en position stratigraphique normale, typique des paysages du causse. On y trouve donc naturellement, murets de pierres sèches, cazelles, dolmens et des affleurements de calcaires (à gauche en quittant le hameau). Face aux dernières maisons de Rustand on remarquera dans la haie, quelques beaux érables de Montpellier caractéristiques de la flore calcaire, les chênes pubescents, ainsi qu’un cornouiller mâle dont un exemplaire est visible à la dernière maison avant le carrefour.

La traversée de la voie de chemin de fer nous permet d’observer une tranchée dans le Bajocien.

Le long du chemin bordé de murets de pierres on trouvera la flore caractéristique des sols calcaires: campanules gantelée, digitale jaune, chèvrefeuille, etc.

Ce cachet de la flore calcaire se poursuit si l’on quitte le sentier et si l’on poursuit la route goudronnée vers Lacrit, avec un magnifique fusain d’Europe et un alisier, juste avant la descente.

Le contact entre le Domérien supérieur et le Domérien inférieur (marnes à lentilles sableuses) est bien marqué à l’arrivée de la route sur la D13 par un châtaignier.

Le long du ruisseau des Bormes:

Après un coup d’oeil à la fontaine-lavoir, nous prenons la route goudronnée bordée de haies toujours composées d’ormes, fusains, cornouillers sanguins très abondants. Les talus sont garnis de fraisiers et de grand panais.

Après avoir traversé le petit bois de Puy-blanc où domine le chêne pédonculé et longé le ruisseau, on atteint, à droite de l’itinéraire fléché, l’entrée des anciennes carrières de la tuilerie.

Les étangs

pupitre 05

sentier des argiles pupitre 5

masette

Le chemin qui traverse les deux étangs (variante hors circuit de balisage, propriété privée donc respectez des lieux) nous présente un paysage étonnant. Les étangs correspondant aux niveaux les plus bas de l’exploitation de la carrière, sont alimentés en permanence par plusieurs sources et un puits artésien. On y trouve à foison labiées des sols humides comme la menthe aquatique et le chanvre d’eau.

Cette végétation palustre est complétée par le saule, le tremble et, au bord des étangs, les massettes (roseaux) dont certaines à feuilles étroites (plus rares).