la tuilerie de Puy-blanc: entièrement rayée de notre paysage

l’ultime pignon tombera le 1er décembre en début d’après-midi

L’ancienne tuilerie de Puy-blanc fondée en 1877 par Jean Lacabane n’existe plus . L’état de cette usine,  en ruine depuis plus de 15 ans, obligeait la municipalité de Reyrevignes a engager une procédure de péril invitant le propriétaire à remettre en état les locaux ou à en entamer leur démolition. Dans l’état du site, on devine vite le choix laissé au propriétaire.

Ainsi le lent crépuscule de ce bel édifice du siècle dernier est arrivé à son terme sans état d’âme ni pour la société de démolition ni pour la municipalité de Reyrevignes…La sauvegarde d’une partie de cette ancienne usine, si minime soit elle , n’a pas même été évoquée lors de cette décision.

Après sa fermeture en 1986 et sa reprise par la société Delagnes, le projet de relance d’une industrie de la terre cuite est vite tombé à l’eau. Vidé de ses machines et de ses installations encore commercialisables, le bâtiment, non entretenu, a commencé à prendre l’eau par le toit. En une vingtaine d’années, la pluie, la neige et le vent sont venus à bout de cet ensemble qui témoignait encore de la vie vie ouvrière grouillante du siècle dernier.

état de la toiture en 2011

état de la toiture en 2011

Combien de projets utopiques de reconversion ont été émis par les visiteurs passant à Puy-blanc et véritablement médusés par la présence de cet élégant ensemble industriel de la fin du XIX.

  Bien que remarquable et unique dans le Lot, cette ancienne tuilerie briqueterie n ‘a malheureusement jamais fait l’objet d’un programme de réhabilitation voir de de reconversion.

début de démolition; les bâtiments métalliques

juillet 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le coup dur des grands licenciements des années 70, la fermeture définitive de l’activité en 1986, la vente des dépendances et la destruction d’une partie des maisons ouvrières plus récemment, c’est à l’effacement définitif de cette ancienne tuilerie que nous venons d’assister en cette fin d’année 2017 non sans une réelle amertume.

août 2017

octobre 2017

Au delà de la tristesse de voir la tuilerie rayée définitivement de la carte des souvenirs de tant de familles du secteur, il reste une question d’actualité. Quelle va être la destination de cette immense surface disponible ? Le propriétaire a t-il un projet sur ce terrain ? Faute de ne pas avoir été visionnaires sur ce site il y a 20 ans, les élus du Grand Figeac ont peut-être là, matière à réflexion sur une réalisation en lien avec des demandes sur ce territoire ou avec  la zone naturelle de Puy-blanc.

le 1er décembre, la tuilerie est entièrement effacée du paysage et un brasier recouvre les décombres de l’ancien four.

dcPB propose de sauver l’ancien four Hoffmann

L’association a tenté, lors de cette démolition d’éviter l’irrémédiable en plaidant pour que demeure un lieu sur le site, témoignant de cette activité de la terre cuite au siècle dernier .

four hoffmann 40 m. de long

entrée de l’une des 16 chambres de combustion

Il s’agit de l’ancien four tunnel Hoffman. L’association a rencontré le Président du grand Figeac, la Présidente du PNR, les

intérieur d’une des deux travées voûtées  du four, 35m. de long (photo Jeff fabriol)

services du patrimoine et la députée. Toutes et tous nous ont assuré que le projet méritait d’être soutenu. Les discussions entre le président du gd Figeac et le propriétaire permettaient dans un premier temps de sanctuariser ce four. Mais tout s’emballait le dernier jour de novembre et le four était détruit dans la foulée de l’explosion de la cheminée.

 

les  soutiens:

  • Les différents services du Patrimoine du gd Figeac, du département et du PNR nous ont exprimé le bien fondé  de cette sauvegarde et assuré de leur collaboration.
  • La députée du Lot,  s’est clairement prononcée pour la sauvegarde du four , mais aussi de la rampe et de la cheminée, en tant qu’ensemble cohérent. Elle a écrit à la ss-Préfète qui dans sa réponse a jugé le projet « irréalisable »!!!
  • La présidente du PNR qui a écrit une lettre au maire de Reyrevignes et au propriétaire de la tuilerie pour demander une entrevue et mobilisé ses services pour activer ce dossier. 
  • Le département qui a pris récemment position justifiant cette sauvegarde et assurant de son appui technique et financier la collectivité qui prendrait en charge ce lieu.
  • Le  Président du Grand Figeac a reçu l’association lundi 16 octobre, le projet présenté lui semble crédible et il a demandé au propriétaire de ne pas démolir le four. Dans un premier temps, la démolition est stoppée au niveau de la cheminée et du four,  le président du gd Figeac est en relation avec le propriétaire pour déterminer ce qui peut être sauvegardé mais malheureusement aucun engagement formel du grand Figeac pour acquérir  la parcelle concernée.
  • Le conseil municipal de Cambes s’est prononcé à l’unanimité pour la sauvegarde du four.
  • Les maires de Corn, Brengues  soutiennent également ce projet.

Expo patrimoine à Balène

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L’expo « qualité de la vie » à Figeac, abordait cette année les différentes facettes du patrimoine lotois: artisanal, industriel, céleste, technologique,  etc..

Invité à exposer des documents sur l’ancienne tuilerie, dcPB présentait quelques pièces produites à la tuilerie de Puy-blanc complétées par trois panneaux sur la fabrication des tuiles.

Disparition des anciens logements ouvriers

carrefour PB

à droite les anciens logements encore debout en juin

Dans notre dernier numéro du Râle d’eau nous abordions l’existence des trois bâtiments constituant la petite cité de Puy-blanc située à l’entrée du hameau en venant de Cambes.

Datant vraisemblablement du début du XXème siècle, un autre bâtiment plus ancien, d’une trentaine de mètres de long sur 6 de large, destiné à loger les familles ouvrières, se situait devant les bureaux de l’ancienne tuilerie. Fortement ébranlé par les travaux de terrassement de la nouvelle route, cet ensemble de logements dont le toit était déjà éventré menaçait de s’effondrer sur la voie public. Une procédure de péril, mise en application par le maire de Cambes, entraînait il y a quelques semaines, la destruction de ce bâtiment.

Ce fut là un ensemble de 6 logements contigus pour lesquels un bon nombre de personnes des environs peuvent encore témoigner. Certains y ont vécu les débuts de leur vie de couple et y ont vu naître leur premier enfant. Ces appartements, situés au rez de chaussée, ouvraient directement sur la route de Reyrevignes. Ils étaient constitués d’une cuisine avec évier et cuisinière et d’une ou deux chambres d’environ 10 à 12 m2. Derrière, on accédait aux jardins et poulaillers.

Après l’effondrement progressif depuis une dizaine d’année des toitures de la tuilerie et en attendant la chute de sa cheminée, la suppression  de cet ensemble de logements marque une étape de plus dans la disparition des derniers témoins de cette vie ouvrière qui dura un bon siècle.

Dimanche 15 juin : De la terre à la Tuile

Parcours organisé par l’association « Du côté de Puy Blanc » autour de la Tuilerie, guidé par d’anciens ouvriers. Présentation de quelques spécimens de tuiles fabriquées au cours du siècle dernier et description des différents postes de fabrication.

Quand tombent les bâtiments, il reste la mémoire…

Après une conférence, la veille sous l’égide du Parc Naturel, l’association « du côté de Puy-blanc » organisait, dimanche matin, un itinéraire autour de l’ancienne tuilerie. Le thème des journées patrimoine de pays concernait en effet cette année les lieux de productions. Cette ancienne tuilerie qui possède 1 ha de bâtiments, pour une bonne partie proche de la ruine, fermait il y a plus de 20 ans après un siècle d’activités. C’est ce riche passé ouvrier que l’association du côté de puy-blanc s’emploie à mettre à jour par la collecte des souvenirs de toutes celles et tous ceux qui de près ou de loin ont été attachés à ce lieu.

On y a décrit aussi les moments de joies partagées quand le patron organisait des fêtes somptueuses relayé plus tard par le comité d’entreprise qui construisait une première salle des fêtes et organisait voyages, concours de pêche et rencontres sportives. Pour quelques minutes, la mémoire faisait revivre la carrefour de Puy-blanc ou le jour de la paie se pressaient les marchands forains pour proposer chaussures, vêtements et autres produits. Les souvenirs d’écoliers ont aussi été égrainés avec la célèbre camionnette bâchée de l’usine qui effectuait quatre fois par jour le transport scolaire. Privés de « camio » les élèves punis devaient effectuer à pieds, les quatre kilomètres qui séparaient l’école de la tuilerie.

Devant la tristesse de ces somptueux bâtiments de la fin du 18ème siècle qui se détériorent de jour en jour, la parole est venue, pour quelques heures, faire revivre un pan entier de la mémoire de ce quartier.

Face à cet impressionnant bâtiment et devant quelques agrandissements de photos anciennes placées à des endroits judicieux du site, les langues se sont peu à peu déliées. Les témoignages d’anciens travailleurs, leurs explications encore fidèles sur la fabrication de la tuile depuis la carrière jusqu’à la livraison, sont venues exhumer cette part enfouie d’un souvenir pourtant pas si lointain. La tuilerie comptait en effet 150 salariés il y a encore une quarantaine d’années et de nombreuses familles du secteur possède une grande tranche de vie liée à cette usine. Ce dimanche matin on a parlé des postes très durs, comme les fours pour les hommes, et les presses, où officiaient les femmes.

La Tuilerie de Puy-blanc

 

sentier des argiles table 2

sentier des argiles table 2

Après plusieurs années de difficultés financières, la « Tuilerie Lacabane » a finalement officiellement cessé ses activités depuis 1986.

Propriété privée, rendue depuis 20 ans à l’état de friche industrielle ce magnifique édifice industriel, inventoriée au titre des bâtiments industriels du début de l’ère industrielle en Midi-Pyrénées, a été entièrement démoli durant l’été 2017.

Histoire

La tuilerie du Quercy a été installée en 1877 sur l’emplacement de la tuilerie à mains de Puy-Blanc, qui datait de 1773. Une expérience de près d’un siècle et demi prouve l’excellente qualité de l’argile que employée.

La contrée où est située l’usine n’est pas très froide, mais elle est limitrophe du Limousin et du Cantal. Sur les montagnes de ces pays élevés sévissent des hivers rigoureux, qui ont été meurtriers pour la plupart des tuiles de diverses provenances qui y ont été employées ; aussi la tuile mécanique y a-t-elle une réputation détestable, qui y en rend la vente très difficile. Cependant, dans ces contrées, la tuilerie n’hésite pas à garantir, sur demande, une tuile résistante aux gelées.

Dès le début, la tuilerie est outillée pour fabriquer des tuiles en pâte dure, procédé très défectueux, qui donne trop souvent des tuiles gélives. Les défauts de ce mode de fabrication sont vite reconnu et les dirigeants n’ont pas hésité à réformer complètement l’outillage primitif pour le remplacer par les machines les plus perfectionnées pour la fabrication en pâte molle qui, à la condition d’employer de bonnes argiles, donne toujours des tuiles sonores, imperméables et non gélives.

En 1889, la tuileriefournit les tuiles pour la couverture des baraquements militaires d’Aurillac (6 500 m2). Voir la déclaration de M. l’Architecte de la ville d’Aurillac, qui affirme que « ces tuiles ont parfaitement résisté aux intempéries ».

En 1890, la tuilerie produit, toujours pour la ville d’Aurillac, la fourniture – pour la couverture des hospices civil et militaire d’Aurillac (12 500 m2).
Toutes les tuiles sont intactes. En présence d’expériences aussi longues que concluantes, la direction espère que « Messieurs les Architectes, Entrepreneurs et Propriétaires n’hésiteront pas à employer leurs tuiles, sans avoir à craindre d’ennuis d’aucune sorte. »

Encore de nombreuses maisons de la contrée sont recouvertes de ces fameuses tuiles ardoisées qui, certes, n’ont pas le charme et la couleur locale des toits caractéristiques du Lot mais ont parfaitement résisté au temps (NDLR).

Une visite de la tuilerie, il y a un demi-siècle…

Une visite de la tuilerie, il y a un demi-siècle…

sentier des argiles pupitre3

 

Ce « reportage » à la tuilerie de Puy-blanc date de 1949, il est extrait de Notre Quercy, essai de tourisme géographique, un ouvrage écrit par Adrien Ruayres, inspecteur de l’enseignement primaire à Figeac. Dans le chapitre 2, l’auteur relate une visite du Quercy à vélo effectuée en juillet par deux frères : Louis, le plus jeune, et Robert Caussanel, l’aîné, professeur d’histoire et géographie.
Tuilerie de Puy-blanc
Quelques kilomètres avant d’arriver à Cambes, les frères Caussanel trouvèrent un carrefour d’où une route se dirige vers la gare du Pournel. « Tout près d’ici se trouve une importante tuilerie, dit M. Robert, allons la visiter ».

Aussitôt, un changement radical de paysage frappa leurs regards; au lieu de ces austères taillis de chênes rabougris, sans fraîcheur, apparaissent des champs, des prés surtout, des haies vives jalonnées d’arbres divers, de frênes, de peupliers même, un aspect bocager, gracieux et varié.

« Constate que les peupliers, ces arbres amis de la fraîcheur, presque inconnus dans le causse et qui accompagnaient généralement les ruisseaux, se rencontrent ici en n’importe quelle situation topographique, à flanc de coteaux par exemple. Quelle conclusion tirer de cette situation ? »

Louis réfléchit puis répondit : « Il faut nécessairement que ces terres gardent en toute saison un minimum d’humidité. »

— C’est exact, répondit le frère. Nous trouvons ici, dans une zone que les géologues appellent le Lias. Cette bande large de quelques kilomètres, porte le nom de Limargue dans le Haut Quercy et Terrefort dans le Tarn-et-Garonne .Plus précisément nous nous trouvons sur les argiles toarciennes d’où ce contraste brutal dans la végétation entre deux points rapprochés. Regarde ces profondes empreintes durcies laissées par les sabots des vaches dans les rampes d’accès aux prés ; ce détail confirme la nature argileuse du sol.

Les voilà arrivés en vue de l’usine ; c’est un vaste bâtiment rose formant une sorte de croix de lorraine et dressant dans le ciel les tuyaux de briques de ses hautes cheminées. Trois étages (y compris le rez-de-chaussée) ouvrent leurs rangées de baies en plein cintre qui donnent à l’ensemble une ordonnance presque classique. Comme ils allaient arriver, un tracteur remorquant sur une voie de 0,60 m. un train de wagonnets vides sortait de l’usine. Ils le suivirent et arrivèrent à une vaste carrière sans profondeur, où deux excavateurs inclinant sur le talus rectiligne du front de taille leur long bras armé d’une chaîne sans fin de pelles, enlevaient des tranches de terrain et remplissaient des wagonnets.

Revenus à l’usine, ils demandèrent un entretien à M. le Directeur général, qui les reçut fort courtoisement.

— Monsieur le Directeur, je craignais un peu, en cette saison de congés payés, de trouver votre usine fermée.
— Nous n’arrêtons jamais le travail, car nos fours sont à feu continu, et leur extinction, sans être aussi catastrophique que pour un haut-fourneau, entraînerait une perte considérable.
— Il est inutile de demander pourquoi votre usine s’est installée ici : vous disposez d’approvisionnements en matière première pratiquement illimités, puisque vous exploitez, non quelque dépôt local et irrégulier d’argile, mais tout un étage géologique qui s’étend tout autour de l’usine.
— C’est exact, reprit le Directeur. Nous disposons de plusieurs qualités d’argile, ce qui permet des mélanges variés, et surtout nous met en mesure de fabriquer d’excellente tuiles. N’importe quelle argile peut être utilisée dans une briqueterie, mais il n’en est pas de même dans une tuilerie. Si vous le voulez, nous allons suivre les diverses étapes de la fabrication des briques et des tuiles.

De l’argile brute à la pâte…

Voici d’abord des fosses en forme de trémies dans lesquelles wagonnets ou camions vident leur chargement, ici une argile d’un gris ardoise, très fine, exempte de tout gravier, là une argile de couleur ocre. Dans le fond de ces trémies deux tapis roulants progressent très lentement et entraînent pour les mêler des quantités réglables de chaque espèce d’argile. Cette argile passe ensuite dans une série de broyeurs à cylindres qui la broient très finement, mélangent intimement les deux qualités et donnent à la pâte ainsi obtenue le degré d’humidité nécessaire. D’autres tapis roulants transportent la pâte à briques ou la pâte à tuile dans l’atelier de moulage où nous allons les suivre.

Le moulage…

Ici cette pâte est refoulée par pression dans une cavité tronconique au sommet de laquelle on peut adapter diverses filières, suivant la section des briques que l’on veut fabriquer. De temps en temps un coupeur automatique s’abat et tranche de son fil d’acier la bille molle. Pour les briques il ne reste qu’à sécher et à cuire. Pour la tuile nous n’avons encore qu’une ébauche plate. Des ouvriers prennent ces ébauches de tuiles, ou de briques, et les posent sur les étagères de « balances » (semblables aux plateaux suspendus sous le fléau de certaines balances) portées par une chaîne sans fin longue de 600 mètres, qui tourne lentement et passe dans les quatre étages de l’usine, assurant automatiquement tous les transports.

Pour le moulage des tuiles, nous utilisons des moules en plâtre fixés sur un tambour pentagonal à axe horizontal. Lorsque l’ébauche est parvenue en haut, un autre moule s’abaisse et comprime l’argile qui, d’un seul coup, prend la forme d’une tuile mécanique du modèle « Quercy », que nous avons créé. Le tambour continuant à tourner, une nouvelle pièce pratique l’ébarbage automatique. Il y a trois mois, il fallait trois ouvrières pour enlever les bavures d’argile.
Plan Incliné

Le séchage…

Passons maintenant aux séchoirs. Ce sont eux qui tiennent le plus de place et qui imposent de vastes dimensions à toute briqueterie. L’été, toutes les baies sont ouvertes. En hiver et par temps humide on ferme les fenêtres, une soufflerie envoie de l’air chaud dans les séchoirs au moyen d’un vaste réseau de tuyaux.

La cuisson…

ce qui reste de l’ancien four Hoffmann nov 2017

Nous allons maintenant visiter les deux fours où s’opère la cuisson. Chaque four constitue une massive construction qui occupe tout le rez-de-chaussée de chacun des deux bras de la croix de Lorraine.

Ce volume massif est creux et parcouru par deux tunnels de 50 m. de long, 2,20 m. de large pour 2,50 m. de haut. A chaque extrémité, ces deux tunnels sont reliés pour le passage des gaz de combustion. Des portes, que l’on mure après défournement et enfournement, mettent ces tunnels en communication avec des couloirs latéraux.

Montons sur ces fours pour mieux comprendre le fonctionnement de ces modèles à feu continu. Le dessus des fours forme une surface plane dans laquelle sont percés de petites ouvertures. Les matériaux à cuire sont entassés dans le tunnel jusqu’à la voûte. Ils y resteront 7 jours sans se déplacer.Chargement du Four

C’est le feu qui avance, car d’en haut on jette les fines de charbon gras flambant dans une section du tunnel, puis un peu plus loin. Les briques subissent ainsi des températures de plus en plus élevées jusqu’à ce que, vers 850 °C, portées au rouge, cuites, elles prennent une belle couleur rouge. Puis le feu s’éloignant, elles se refroidissent lentement et, dans quelques jours, le défournage sera possible.

Comme ils étaient revenus devant l’entrée du bureau, M. Caussanel questionna :
— Combien occupez-vous d’ouvriers?
— Avant 1939, nous occupions 75 personnes. Avant la création du groupe industriel de Laval de Cère, notre entreprise était probablement la plus importante du Lot.
— Quel est votre rayon de vente ?
— Le Lot et plusieurs départements voisins.

M. Caussanel remercia le Directeur général et les deux frères poursuivirent leur chemin.