Les oiseaux de Puy-blanc

par Jean-Paul Lafond

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Apprenant qu’un sentier de découverte avait été créé sur son territoire, le râle d’eau, oiseau rare dans le Lot, nous présente, quelques copains à plumes, au fil de ce sentier. Mais laissons lui la parole :

D’abord, si vous voulez voir

des oiseaux, faites comme moi, pratiquez le mimétisme, mon dos brun et ma poitrine grise me permettent de passer inaperçu dans les herbes des marécages où je m’y faufile le corps dressé et le coup tendu. Pas vu … pas pris !

Mon défaut ? lorsque j’appelle ma compagne, je grogne et pousse des cris aigus comme… un cochon! On ne peut être parfait.

Comme pour moi ce sont votre vue et votre ouïe qui vous guideront dans vos rencontres.

Attention au départ ! munissez-vous du document « Sentier de découverte Puy-blanc » disponible au siège de l’association. Le sentier commence par la tuilerie, je lui dois la présence de ces deux étangs, merci, car les zones humides sont rares dans le Lot.

Dans les haies et les prés

Le serrurier : au printemps, on entend souvent une lime qui travaille inlassablement sur deux tons “titu; titu;” parfois trois “tititu; tititu;” joues blanches, cravate noire et jaune citron sur le centre. C’est la mésange charbonnière.

Le traîne-buisson : cet oiseau brun, avec un long bec fin est solitaire et on le prend souvent pour un moineau. Il passe souvent inaperçu sauf s’il lui prend l’envie de chanter. L’accenteur mouchet est discret et reste bas dans les buissons.

Près des hameaux

Le ramoneur : Le mâle noir de suie sous la gorge, se tient sur les toits, les cheminées ou les antennes T.V. De là, il lance son chant dont le début ressemble au bruit du verre que l’on écrase. C’est le rouge-queue noir.

Le serin vert : C’est un petit serin sauvage, à la queue échancrée qui adore se percher et nous “ seriner ” son chant grinçant et précipité. Bien sûr, c’est le mâle gris au poitrail et croupion jaune, qui chante. C’est le serin cini.

Le ratelet : Souvent pris pour un roitelet, c’est cet oiseau semblable à un petit rat, brun chocolat, qui se faufile partout au ras du sol. Sa queue, toujours dressée et son air affairé permettent de l’identifier rapidement. C’est le troglodyte mignon.

Dans les bois

Le rossignol d’hiver : Autrefois on croyait que le rossignol se transformait en rouge-gorge l’hiver venu. En fait le rossignol passe l’hiver en Afrique tropicale.

Le rouge-gorge est sédentaire chez nous

Le compteur d’écus : « tsilp ; tsalp; tsilp; tsalp » le chant du pouillot véloce, égrené de mai à juillet ressemble au bruit des pièces jetées l’une contre l’autre. C’est l’un des plus petits oiseaux (poids : 7 à 8 g.).

Le pic-maçon : nichant dans un ancien trou de pic, la sittelle torchepot en réduit l’entrée à sa taille en la garnissant de boue séchée. Cet oiseau a la taille d’un moineau, le dos gris-bleu, le ventre beige avec un peu de roux sous les ailes. Elle escalade les troncs d’arbre dans tous les sens à la recherche de sa nourriture.

Aux étangs

Nous allons rester à bonne distance, afin de ne pas déranger mes amis sinon, je les connais bien, ils ne montreront pas le bout de leur bec et resteront silencieux.

Quelques résidents tout d’abord :

La pattes vertes : ce « krou » clair que vous entendez parfois s’échapper des rives d’un étang ou d’une rivière, c’est celui de la poule d’eau. Elle voudrait me ressembler, mais son plumage noir, un peu strié de blanc sur les côtés (comme moi), son bec rouge et jaune et sa grande taille vous aideront à la reconnaître. Elle n’est pas très discrète.

Le sorcier : « il y avait un petit canard et il n’y a plus rien ! » A la moindre alerte, le grèbe castagneux disparaît en plongeant instantanément sous la surface de l’eau, pour reparaître, parfois assez loin. Ce comportement lui permet aussi de se nourrir sous l’eau de petits crustacés, de larves ou de poissons. En été sa gorge est roux cuivré. Lors des jeux nuptiaux, il pousse de petits rires hystériques.

Les oiseaux du voyage

(en hiver, parfois pour quelques jours seulement)

L’enfant bleu : Un cri aigu, un éclair bleu au ras de l’eau, c’était le martin pêcheur. Venant du nord, chassé par le froid, il est visible lorsqu’il fait du surplace au bord de l’eau, avant de plonger sur un poisson.

Le héron cendré dont le vol n’est pas plus discret que le mien, les bruants des roseaux qui dorment à l’abri des plantes au-dessus de l’eau, de petits échassiers, chevaliers, bécassines, ont aussi besoin de ces lieux pour passer les hivers.

Mais la nuit tombe, le crapaud accoucheur joue de sa flûte et la faim m’oblige à vous quitter. J’espère que vous aurez apprécié la randonnée.

Mes amis de poils et de plumes, à élytres ou écailles qui ne demandent qu’à vivre en paix à Puy-blanc, se joignent à moi pour souhaiter que ce paradis naturel reste le plus longtemps possible en état.