Déviation de Cambes : la fausse surprise

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chantier de la déviation de Cambes

plan-du-projet

Il se sera écoulé une vingtaine d’années entre la première étude technique du projet de déviation de Cambes et sa réalisation finale revue récemment à la baisse. Opposition de riverains, longue procédure juridique, étude d’impact sur les zones humides et fouilles archéologiques autant de péripéties qui auront émaillé l’histoire de ce chantier qui se complète par une surprise qui n’en est pas une : Oui, à cet endroit le sol s’affaisse et on le sait depuis des lustres…

Depuis 1997 ce projet aura donc subit plusieurs péripéties.

Contribution de dcPB à l’enquête d’utilité publique

Ce fut d’abord la contre proposition d’un tracé ouest par une association de Lissac opposée au tracé choisi.En 1998 une concertation menée par le département optait pour le tracé initialement prévu et la déclaration d’Utilité publique était prise par le préfet en janvier 2001.

A la demande d’un plaignant de Mouret, cette déclaration préfectorale de DUP était annulée par la cour d’appel de Bordeaux en novembre 2006.

Un nouvelle enquête d’Utilité publique était diligentée en 2011 prévoyant une mise en circulation en 2015. Un an après les responsables départementaux annonçaient plutôt une ouverture au trafic en 2016.

L’impact sur la faune et la flore, imposa par ailleurs un avenant à l’enquête entraînant un retard de quelques mois, puis ce furent les fouilles archéologiques durant 6 mois.

En avril 2014 on nous annonce finalement la fin du chantier pour 2017 et en juillet 2014 la première pierre est posée à Péret. Dans le même temps des fouilles archéologiques s’installent pour 6 mois. Ces fouilles, au delà de leur intérêt archéologiques révéleront la complexité du sous-sol avec le glissement régulier de couches d’argiles durant le passé ancien. En fin de fouilles, l’accès aux camions chargés du transport de terre fut stoppé tant la voie menaçait de dévaler en contrebas.

Puis vint la fausse vraie découverte : en raison des difficultés hydrogéologiques rencontrées, le projet sera revu à la baisse, c’est à dire plus de couloir de dépassement dans la montée et le chantier prendra encore un retard d’un an !

Ainsi le conseiller départemental chargé des routes se montre étonné d’une telle complexité de ce chantier. (article la dépêche du 10 sept 2016)

Il est bon de rappeler que le département avait sciemment choisi ce faisceau de la déviation de Cambes sans ignorer les contraintes décrites dans le document d’enquête.

Selon le bureau d’étude Egis Aménagement (extrait du document d’enquête D.U.P.):

Sur le plan de la topographie et de la géologie la contrainte est qualifiée de « forte »« en raison de :La présence de calcaires bioclastique roux avec alternance de bancs marneux et d’argiles schisteux recouverts de dépôts calcaires (plus au sud) peut induire des contraintes géotechniques. De plus, on note la présence de circulations aquifères en sous-sol et de sources reconnues sous l’assiette du projet.

Sur le plan de l’hydrogéologie il existe également une contrainte « forte » en raison de la sensibilité des sols à l’eau sur la majeur partie de la zone d’étude fait que ces derniers poseront des problèmes en période humide. Les terrassements devront être réalisés en période favorable. Sur la zone, plusieurs sources à usage agricole ont été repérées. D’autres arrivées d’eau pourront être mises en évidence au moment des travaux et devront également être captées et redirigées.

Compte tenu de ces précisions et dans le cadre du premier faisceau retenu, le département devait affiner son choix sur deux tracés plus précis (un bleu et un rouge)variante-bleu-et-rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rouge situé plus en fond de vallée, posait des problèmes paysagers et d’impact sur le milieu naturel mais pas de problèmes de stabilité de terrain.Après une anlayse multicritèresc’est le tracé bleu qui fût choisi. Dans les points négatifs il était mentionné : «  ce tracé nécessite des mesures spécifiques pour stabiliser les remblais dans une zone de glissement de terrain (secteur de Nazarieu) »

Depuis toujours les habitués de la côte de Cambes savent que cette route s’affaisse régulièrement en raison d’un sous-sol instable et gorgé d’eau.L’an dernier, les fouilles archéologiques ont fait la démonstration que ce phénomène existe depuis 1000 ans.,,

Ainsi ce qui peut sembler une surprise n’est en fait qu’un brutal retour à une réalité dont les bureaux d’étude et les décideurs n’ont pas pris toute la mesure.

Une erreur de diagnostic que l’on se doit d’assumer politiquement et financièrement, et qui ne doit pas être un prétexte pour réduire le projet initial en supprimant la voie de dépassement. Cette décision brutale et unilatérale occasionnera naturellement des bouchons réguliers sur le trafic montant avec le risque de dépassements limites ou que certaines voitures passent par le village de Cambes pour gagner du temps…

Cette modification, du projet doit être mise en débat avec les élus concernés (Conseillers départementaux, maires) et les associations qui ont participé à l’enquête publique.

DcPB souhaite réactiver le collectif « déviation de Cambes » pour  rencontrer les responsables de l’entreprise chargée du chantier ainsi que le conseiller départemental chargé des routes.

Déviation de Cambes

Le désenclavement du bassin de Figeac et son développement économique ne doivent pas se construire au détriment du paysage rural et de la qualité de vie des populations.

Axe vert — déviation de Cambes — contournement de Figeac — Zone d’activités économiques… les pièces d’un vaste puzzle se précipitent sans avoir fait l’objet d’un plan d’ensemble.

En fait, le nouvel axe Brive ↔ Méditerranée traverse nos communes avec un trafic routier d’envergure nationale. Les propositions de l’administration pour réduire les nuisances et protéger la sécurité des riverains ne sont pas adaptées à la réalité de ce futur trafic.

Cartes du faisceau arrêté

Enquete préalable de la déviation

Carte du faisceau arrêté
Le trajet retenu est celui de couleur rouge vif.
Du giratoire du Chantier jusqu’à sa jonction avec la RD 13 au Rial, il s’agit de la déviation de Cambes.
En amont et en aval il s’agit d’un simple aménagement en place de la RD 13.

Les problèmes soulevés

Le trafic routier sur la RD 13 doublera en une décennie

Cet axe routier qui offrira des liaisons de l’Aveyron et du Cantal avec Brive et Bordeaux, qui longera un important Parc d’Activités économiques au niveau de Cambes, connaîtra ainsi très rapidement, un flux de véhicules et en particulier de poids lourds qui dépassera les prévisions faites par l’administration.

Prévisions de trafic sur la D 13 (Source DDE) :

  • Trafic moyen journalier en 1996 au niveau de Cambes (RD13) : 3637 véhicules (dont 8,7% de poids-lourds) ;
  • Trafic moyen journalier en 2012 au niveau de Cambes (RD13) : compris entre 6100 et 7900 véhicules.
  • Pour l’année 1997 le pourcentage de poids-lourds mesuré sur la RD 13 au niveau du carrefour de Livernon est déjà de 9,5% !

Une déviation encore trop près de l’agglomération : des nuisances sous-estimées

Dans quelques années, avec le rythme d’augmentation du trafic routier que nous connaissons, ce seront donc environ 7000 automobiles et 800 poids-lourds qui défileront chaque jour sur cet axe.

Le bruit engendré par ce trafic routier, le long de l’axe, à hauteur des giratoires ainsi que les accès sécurisés des riverains ne sont pas sérieusement pris en compte dans cette enquête. Le document d’étude ne recense en effet que quatre habitations !!! pour lesquelles des mesures spécifiques contre le bruit devront être prises.

Les lieux-dits: le Rial, le Chantier, la traversée à Péret, seront particulièrement exposés ainsi que certaines habitations situées au bord de l’axe mais en dehors du périmètre d’étude (sortie de Cambes vers Livernon).

La solution de la pose de doubles vitrages, est un pis aller, quand on sait que durant une bonne partie de l’année les loisirs et les activités sont orientées vers l’extérieur. Le bruit doit se traiter au maximum à la source avec un revêtement de la chaussée adapté, des merlons et plantations suffisants et murs « antibruit » si nécessaire.

La sécurité des riverains

Le « tourne à gauche » prévu au Sud du projet, au niveau du Rial, sera générateur de danger, l’association demande plutôt un accès souterrain facilité, ici, par la situation en remblai. La création d’un giratoire, à ce niveau, est elle bien nécessaire pour desservir Cambes et Camboulit ?

Le giratoire principal situé au Chantier (entre les habitations, Gayral et Cavarroc) demeure trop près des habitations et occasionnera des nuisances sonores importantes aux riverains.

Le carrefour mortel du pont de Lascazes reste un point délicat et urgent à traiter. La visibilité n’est toujours pas suffisante malgré les dernières modifications apportées.